Désertification : 70% des terres sont dégradées par les activités humaines

Lundi 06 Juillet, 2020  09:05  | Oecologi@



La désertification est un problème global. Elle résulte de l’expansion urbaine, de l’augmentation de la population et des changements dans la consommation qui exacerbent la pression sur les terres destinées à la production alimentaire et de fourrage.

3,2 milliards de personnes sont affectées par la dégradation des terres, a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à l’occasion de la de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse célébrée le 17 juin de chaque année.




Bien qu’elle progresse partout dans le monde, la désertification a un impact particulièrement dévastateur sur le continent africain où une grande partie de la population vit de l’agriculture et de l'élevage.

Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), 70 % des terres ont été transformées par l’activité humaine. Le GIEC explique que des zones agricoles et forestières ont connu une expansion à l’échelle mondiale afin de répondre aux besoins en nourriture d’une population croissante. Ces changements auraient entrainé la perte des écosystèmes naturels, le déclin de la biodiversité et auraient tendance à accentuer la désertification.


Désertifiation - Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse

Le réchauffement climatique accélère la désertification


Des études ont révélé qu’environ 25% des terres émergées et dénuées de glace sont sujettes à une dégradation anthropique. Cela se traduit par une diminution du couvert végétal entrainant le relâchement du carbone stocké dans le sol ce qui contribue au réchauffement climatique.

Les scientifiques expliquent par ailleurs que d’ici 2050, le nombre de personnes vivant dans des zones arides et qui seraient vulnérables au stress hydrique, à l'intensité de la sécheresse et à la dégradation de l'habitat naturel atteindrait 178 millions dans le cas d’un réchauffement global de 1,5°C. Il passerait à 220 millions de personnes en cas de réchauffement climatique de 2°C.

Ainsi, une forte désertification frapperait des pays d’Afrique et d’Asie. Des incendies de forêt seraient de plus en plus fréquents en Amérique du Nord, l'Amérique du Sud, la Méditerranée, l'Afrique australe et l'Asie centrale. Quant aux régions tropicales et subtropicales, elles devraient connaître des baisses importantes du rendement des cultures.

Selon la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification "la désertification est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté". Elle contribue à l'insécurité alimentaire, à l’expansion des zones de pauvreté, et de flux migratoires.


Plus de 2/3 de la superficie du continent africain sont désertiques ou dégradées

En Afrique, les zones désertiques ou dégradées couvrent plus de 2/3 de la superficie du continent. Ainsi, pour freiner l'avancée de la désertification, les pays Saharo-Sahéliens, où plus de 2 millions d’hectares de terres sont perdus chaque année, ont lancé l’initiative « Grande Muraille Verte ». Cette solution consiste à entreprendre des actions de reboisement et de restauration des écosystèmes du Sénégal jusqu’à Djibouti tout en favorisant des activités génératrices de revenus.


© Vidéo : Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte


Rappelons enfin que contrairement à ce l’on pourrait croire, la “désertification” n’est pas l'expansion naturelle du désert, mais désigne « la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et sub-humides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines », comme le stipule la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification.