Le Canada interdira des articles en plastique à usage unique dès 2021

Lundi 19 Octobre, 2020  08:52  | Oecologi@



Ottawa va de l’avant avec sa stratégie de protection de l’environnement et compte bannir des articles en plastique à usage unique. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du plan d’action du gouvernement fédéral visant à atteindre son objectif de zéro déchets de plastique d’ici 2030.

Les Canadiens devraient ainsi se passer des sacs en plastique, pailles, bâtonnets à mélanger, porte-canettes, ustensiles et contenants pour emporter difficiles à recycler et ce à partir de l’année prochaine. « Ce projet d'interdiction des plastiques à usage unique stimulera l'innovation à l'échelle du pays», a déclaré le ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, dans un communiqué. Il devrait favoriser la transition vers une économie plus circulaire en améliorant notamment la gestion de la collecte et la revalorisation des déchets plastiques.


Principaux domaines d'action pour une économie circulaire au Canada

Selon certaines études, une économie zéro déchets plastiques « permettrait au Canada d’économiser 500 millions de dollars annuellement, de créer 42 000 emplois directs et indirects et de prévenir l’émission de 1,82 mégatonne équivalent en CO2 d’ici 2030 ».

Il faut savoir que le Canada utilise 4,6 millions de tonnes métriques de plastique chaque année dont plus de 70%, soit 3,3 millions de tonnes, sont jetés. La moitié de ce volume provient d’emballage à usage unique, précise un nouveau rapport d’Oceana Canada, publié le 29 septembre.


Une économie zéro déchets favorise la création d'emploi et la réduction du CO2

Les auteurs expliquent par ailleurs que le recyclage n’est pas une solution viable pour limiter l’impact de la pollution de plastique sur les écosystèmes terrestres et surtout aquatiques puisque seulement 9 % des déchets plastiques au Canada sont recyclés.

Des études estiment que près de 10 000 tonnes de déchets de plastique en provenance du Canada et des États-Unis sont déversées chaque année dans les Grands Lacs et engendre des coûts de 468 millions de dollars américains.

Plus de 800 espèces aquatiques sont déjà affecté par la pollution de plastique


Au niveau mondial, la production de plastique a atteint 359 millions de tonnes en 2018, une augmentation de 11 millions de tonnes par rapport à 2017, selon une analyse réalisée par l’association des producteurs européens de matières plastiques, PlasticsEurope.

Environ 10 millions de tonnes de déchets plastiques se retrouvent annuellement dans les océans, précise pour sa part l’Atlas du plastique publié par la Fondation Heinrich Böll en mars 2020.

La pollution plastique cause des dommages considérables aux écosystèmes aquatiques. On recense plus de 800 espèces qui sont déjà affectées par ce phénomène.




En plus de l’environnement, le plastique aurait également des impacts néfastes sur la santé humaine. Les femmes seraient plus exposées à ces effets que les hommes pour des raisons biologiques.


Les femmes sont plus vulnérables face à l’utilisation du plastique que les hommes


En effet, le corps d’une femme serait particulièrement sensible aux toxines pendant la puberté, l’allaitement et la ménopause, lit-on dans l’Atlas du plastique. Et pendant la grossesse, une exposition aux perturbateurs endocriniens contenus dans le plastique pourrait se traduire par une malformation chez les nouveau-nés. Ces produits chimiques qui ont un fonctionnement proche de celui des hormones, pourraient, selon la même source, avoir aussi une incidence sur la fertilité, favoriseraient l’obésité, le diabète et les maladies neurologiques. Ils pourraient en outre provoquer une puberté précoce et entrainer des malformations congénitales.


 impact du plastique sur la santé humaine

Par ailleurs, une étude canadienne aurait permis de montrer que les femmes qui manipulent du plastique dans les usines automobiles sont cinq fois plus susceptibles de développer un cancer du sein, précise le document.


 La production d’une serviette hygiénique contient des matières premières fossiles et plastique

En outre, certains produits utilisés au quotidien par les femmes peuvent présenter un danger pour leur santé et celle du fœtus. L’Atlas du plastique cite l’exemple des tampons et des serviettes hygiéniques qui contiennent respectivement jusqu’à 6 % et 90 % de plastique. Quand aux produits de beauté, ils contiendraient pas moins de 100 produits chimiques nocifs.